Interview de Magali, Formatrice d'anglais

Tous les mois meilleursformateurs.com met en avant le profil d'un formateur. Retrouvez ce mois-ci l'interview de Magali, formatrice indépendante d'anglais depuis 5 ans. Magali nous livre dans cet entretien les détails de son parcours, sa vision du métier de formateur/consultant, des infos sur son statut et sa façon de travailler ainsi que quelques anecdotes ...

 
Magali, qu'est-ce qui t'a amenée à la formation ? Quel est ton parcours ?
Magali : J'ai un parcours un peu atypique. Après un Master en Commerce International et Marketing, ainsi qu'un DU quadrilingue, j'ai travaillé 12 ans dans la finance, dans le Private Equity en particulier, pour des sociétés du CAC 40 et de plus petites structures à l'international. J'y ai donc toujours pratiqué l'anglais, l'une de mes passions depuis très jeune. Par la suite, j'ai cherché à me reconvertir et j'ai eu la chance de rencontrer quelqu'un qui m'a fait confiance. À partir de là, l'aventure de la formation a commencé, depuis plus de 5 ans maintenant.


Quel type de formation proposes-tu ?

Magali : De l'anglais professionnel. Je me rends dans les sociétés pour y donner des cours, soit en « One-to-One », c'est-à-dire en individuel, soit en petits groupes, de 3 à 4 personnes maximum. Les besoins d'une personne ne correspondent pas forcément à ceux des autres. Donc, on reste toujours à taille humaine, pour pouvoir vraiment faire progresser des personnes qui reprennent complètement leurs bases, ou qui stagnent à leur niveau et ont besoin de passer à l'étape supérieure pour évoluer dans leur poste.

 

 "Ce que j'aime par-dessus tout, c'est le côté humain et relationnel"

  Qu'est-ce que tu aimes dans cette activité de formatrice, assez différente de ton ancien métier 

Magali : Ce que j'aime par-dessus tout, c'est le côté humain et relationnel, le plaisir d'apporter un plus à quelqu'un, de le faire progresser, de voir son évolution. J'aime aussi la variété des profils de mes clients et de mes élèves, qui me font découvrir leur univers et m’apprennent beaucoup de leur côté.

Quel est le profil des entreprises qui font appel à tes services ?
Magali : Je peux avoir tous types de clients. Généralement, ce sont des entreprises du milieu bancaire, dans lequel j'ai plus de 12 ans d'expérience. Beaucoup dans le tourisme également, où l'anglais est indispensable. Toute société tournée vers l'international en vérité. C'est très variable. Et tout est intéressant.

 "Beaucoup de français n'ont pas encore compris qu'aujourd'hui, tout se passe à l'international "

Quelle est ta méthodologie, ton approche, pour enseigner l'anglais professionnel ?
Magali : Tout est « Tailor made », c'est-à-dire sur-mesure, en anglais. Chaque client, chaque personne est différente. Je n'ai pas de support fixe, comme on pourrait le suivre dans les vieux manuels. Il y a un cadre, une cohérence pour chaque client, chaque élève. Mais Paul, n'est pas Pierre, qui n'est pas Jacques : les besoins ne sont pas les mêmes. Paul a besoin de grammaire, Jacques a besoin de travailler son oral et Pierre son accent. Une méthode figée, ça ne fonctionne pas. Donc je m'adapte. Je fais du pur sur-mesure par élève. Mes formations professionnelles durent généralement 20h. Elles sont souvent renouvelées, en fonction des besoins.

On dit souvent que les français ont beaucoup de mal à apprendre des langues étrangères. Cette réputation est-elle fondée ?
Magali : C'est exact ! [rires] Je confirme. Je pense que ça vient tout d'abord de notre système éducatif. Beaucoup de français n'ont pas encore compris qu'aujourd'hui, tout se passe à l'international et que pour trouver un job, même dans une entreprise franco-française, sans parler anglais, ce ne sera souvent pas possible. Et c'est une réalité. C’est un critère de sélection incontournable dans le monde professionnel.

Pour des personnes qui auraient envie de se mettre à l'anglais, ou en auraient besoin dans leur contexte professionnel, aurais-tu quelques conseils à donner ?
Magali : Alors, la première chose, primordiale à mon sens, est de prendre plaisir. Ce que je suggère à mes élèves débutants ou qui n'ont parlé anglais depuis 20 ans est de regarder des films, des séries qui leur plaisent, en version originale, même si c'est sous-titré, ça ne fait rien dans un premier temps. On peut aussi écouter ses chanteurs préférés et essayer de comprendre les paroles. L'oreille va s'adapter. Les mots vont rentrer de façon ludique et on peut faire des progrès beaucoup plus rapidement. Dans un deuxième temps, regarder la BBC ou CNN, lire le Financial Times sera une bonne chose. Mais il faut commencer par apprendre en prenant du plaisir. Je vois vraiment la différence entre mes élèves qui jouent le jeu et ceux qui ne le font pas. Souvent, on n'apprend que si on s'amuse.

 "Une chose très importante pour un formateur, c'est de mettre de côté son ego"

Et pour les formateurs, et notamment ceux qui se lancent dans la formation, est-ce que tu as des astuces à partager ?
Magali : De toujours s'adapter à leurs élèves ! Par exemple, dans mon domaine, un formateur peut parler parfaitement l'anglais, mais tellement bien qu'il ne sera pas du tout compris par des débutants. Il faut parfois accepter de baisser son niveau au départ, parfois presque jusqu'au franglais, pour que l'élève débutant commence à te comprendre et reprendre un accent parfait petit à petit. Si l'on reste sur ses acquis, sur un niveau élevé, sans concession, ça ne fonctionne pas. Si l'élève a plutôt besoin de support papier, comme c'est souvent le cas avec les ingénieurs par exemple, il faut lui donner du support papier. D'autres personnes n'ont pas envie de faire des exercices mais préfèrent discuter. Avec elles, on peut commencer par la conversation. Il faut vraiment s'adapter à l'autre !

Très bon conseil !
Magali : Aussi, une chose très importante pour un formateur, c'est de mettre de côté son ego. Le but c'est que la personne progresse, pas que tu démontres ta parfaite maîtrise. Il faut être assez ouvert. Et encore une fois, je le dis sans prétention. Tout cela, je l'ai aussi appris à mes dépends, au début. Parfois, tu crois être dans le vrai, détenir le savoir, mais c'est également l’élève qui t'apprend quelque chose. La formation est un véritable échange. En tant que formatrice, j'ai le sentiment d'apprendre autant de l'autre que ce que l'autre apprend de moi. Mes élèves m'apprennent beaucoup sur leurs métiers, sur leurs façons de voir et penser, et pour moi c'est une source d'enseignements, de remise en cause perpétuelle.

 

"Je suis désormais gérante d’une SARL, un statut que j'ai choisi pour garder une totale liberté [...] Je peux ainsi choisir mes clients en toute indépendance."

En tant que formatrice, quel est ton statut ?
Magali : Je travaille à mon compte, totalement en indépendante. J'ai démarré en tant qu'autoentrepreneur, puisque c'était la manière la moins contraignante de tester mon activité sans prendre de risque majeur et en toute simplicité d'un point de vue administratif. Je suis désormais gérante d’une SARL, un statut que j'ai choisi pour garder une totale liberté, une totale indépendance et ne plus être salariée, ce que j'ai été pendant de nombreuses années. Je peux ainsi choisir mes clients en toute indépendance.

 
Comment fais-tu pour trouver des clients, des missions de formation ?
Magali : J'ai 3 façons de trouver des clients. La première est de passer par un organisme de formation. La deuxième est de faire appel aux contacts de mon réseau propre.

Et la troisième est de trouver des missions de formation sur le web sur des sites comme meilleursformateurs.com, ce qui me permet d'atteindre de nouveaux clients, hors de mon réseau.

Dans ce cas, qu'est-ce cet outil t'apporte ?
Magali : C'est d'avoir un accès direct aux clients, qui déposent leurs besoins en ligne et qui y font leur choix. On peut postuler aux offres qui nous intéressent. Et c'est totalement gratuit pour nous formateurs, ce qui est quand même très intéressant. On a ainsi accès à des clients très prestigieux, à des missions très spécifiques.

Par exemple, j'ai un nouveau client dans le domaine juridique : je n'aurais pas eu accès à ce type de client par mon réseau propre ou via les petites annonces.

 

"Je m'inquiète plus de la façon dont la formation sera gérée par l’État. Les prises en charge sont de plus en plus compliquées …"

Quelle est ta meilleure anecdote de formatrice ?
Magali : Difficile d'en choisir une ! [rires]  Le plus souvent ce sont d'énormes fautes en anglais, mais ce ne serait pas sympa de les citer... [rires] Dans mon top 5, un jour de forte chaleur, un élève m'a demandé si j'avais besoin de « hair conditioner » (de l'après-shampoing) au lieu de dire « air conditioning » (climatisation) ! Il y a aussi des élèves qui essaient d'angliciser la terminaison d'un mot français, en croyant que ça va passer...

Et ta pire ?
Magali : C'est le cas où je me retrouve avec une personne qui n'a pas du tout envie d'être là. Ce ne sont pas des situations toujours faciles pour nous formateurs.

C'est le genre de cas que doivent rencontrer beaucoup de formateurs. Comment on gère ces situations, où une personne doit passer une formation qu'elle n'a pas choisie ?
Magali : C'est dur, et pour le formateur, et pour l'élève. Mais c'est quand même très très rare. La grande majorité des gens qui vont se former, c'est justement parce qu'ils le demandent et qu'ils sont motivés. Effectivement, ce cas de figure m'est arrivé, avec des personnes qui sont là parce qu'on leur a demandé d'être là... Mais encore une fois, c'est très minoritaire.

Comment vois-tu l'avenir de la formation en anglais ?
Magali : Je pense qu'il y aura toujours un besoin de formation en anglais, dans notre société qui se mondialise. Il y a de plus en plus de rachats par des groupes étrangers, des fusions. En revanche, je m'inquiète plus de la façon dont la formation sera gérée par l’État. Les prises en charge sont de plus en plus compliquées, notamment pour de la formation individuelle. On axe plus vers la formation de groupe. Ça devient l'usine, ce qui risque de compliquer notre métier de formateur, avec plus de quantitatif au détriment du qualitatif. Je pense que chaque salarié a besoin de se former individuellement, et pas seulement en anglais. Pour les grosses structures, ce n'est pas trop un problème. Ce sont surtout les PME, les structures à taille humaine, qui n'ont hélas pas les moyens qu’elles souhaiteraient afin de former correctement leur personnel...

 

Propos recueillis par Pierre Chanel Kilama, de Textaz.com,
Pour le compte de MeilleursFormateurs.com

Découvrez ici le profil complet de Magali

 

 

 

 

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